lundi 16 janvier 2012

Esclaves de la modernité... à la manière de Diderot

 
Jean Huber, Le Dîner des philosophes, Fondation Voltaire, Oxford: 
Voltaire, entouré de D'Alembert, Diderot, Condorcet.
Les hommes sont devenus esclaves des leurs inventions. Le XXème siècle a vu la plus grande explosion scientifique de l’histoire. Le progrès a très amélioré la vie sur la Terre, mais, comme toutes les choses, il a aussi des aspects négatifs. En effet, le développement technologique a été trop rapide: les pays occidentaux sont passés d’une condition de guerre et de dépression économique à une situation de bien-être général. Ce passage brutal a rendu la vie plus simple sur notre planète, mais il a directement affaibli l’esprit combattif de l’homme en le rendant totalement dépendant de la technologie. La dépendance n’est jamais positive parce que si l’élément qui la cause va manquer, le sujet dépendant va s’écrouler. La question est : dans une hypothèse catastrophiste où tous les accessoires technologiques vont tout à coup manquer, qui en va plus souffrir, les individus ou la société ?
La vie individuelle est dépendante des accessoires comme le portable ou l’ordinateur. Les personnes se sont tellement habituées à ces objets qu’elles ne sauraient pas vivre sans elles. Mais qu’est-ce que cela veut dire « vivre » aujourd’hui ? Ce mot n’a plus la signification scientifique originaire, dans le langage actuel, cela signifie « vivre bien ». Une vie loin de la technologie est certainement pire qu’une vie qui en dépend, mais elle ne serait pas une non-vie, elle serait simplement plus proche de la nature, surtout de la nature humaine. En effet, l’homme, en s’aidant avec la force d’esprit en lui innée, recommencerait à travailler pour reconstruire ce qu’il a perdu, même si il a vécu les dernières décennies dans une relative oisiveté il retrouverait l’envie de travailler. Les individus, donc, survivraient même sans les commodités modernes, mais la société ?
La société où nous vivons est dépendante de la technologie, sans elle les activités courantes s’écrouleraient. Par exemple, le commerce moderne s’appuie sur les innovations des derniers siècles, surtout sur les moyens de transport, en particulier l’avion. Sans ces moyens les ressources seraient allouées très lentement et mal en causant  famine, maladies et  crise économique. Un autre exemple : aujourd’hui l’Etat, les entreprises, les clubs, etc. ont des bases de données où toutes les informations sont conservées ; elles permettent un accès rapide à l’utilisateur, sans elles les procédures seraient plus lentes. Les exemples pourraient se multiplier, parce qu’en fait, tous les aspects de la société dépendent de la technologie. Comment  la société peut-elle dépendre tellement de la technologie quand les individus ne dépendent pas d’elle ? C’est un paradoxe dû au fait que l’organisation civile n’est pas fondée sur les hommes, mais sur ce qu’ils ont créé : la technologie. Ce ne sont pas le individus qui sont esclaves du progrès, mais le système.

Boris Benedikter
Convitto nazionale V. E. II

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